Exposition permanenteMusée Maritime

En ce 8 mars, journée de la femme, nous mettons en valeur une femme capitaine! Céline Helmy est la seule femme capitaine au Mary-D, une petite entreprise familiale bien ancrée dans le paysage touristique et maritime calédonien. Après 10 ans passés aux commandes des navires de la flotte, elle nous fait part de sa passion et de ses projets. Un véritable engagement au service de la mer !

Capitaine de navire … ce n’est pas si courant pour une femme. Avez-vous toujours souhaité faire ce métier ?

Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours eu envie de naviguer. J’ai grandi sur les bateaux, cela a certainement contribué à ce désir. Et puis, mon père était aussi capitaine au Mary-D. Donc naturellement, j’ai voulu commander un navire !

Quel parcours avez-vous suivi pour devenir capitaine ?  

Après une licence en communication, j’ai passé mon brevet de Capitaine 500 en Nouvelle-Zélande pendant un an. Mais pour valider ce brevet, j’ai travaillé sur des yachts pendant 3 ans en Europe et aux Antilles. Je suis enfin revenue en Nouvelle-Calédonie en 2007 pour intégrer l’entreprise familiale mais n’ayant pas assez d’expérience pour commander des navires avec passagers, j’ai dû poursuivre ma formation à bord pendant plus d’un an.

En tant que femme capitaine, comment êtes-vous perçue dans l’équipe?

En fait, j’ai beaucoup de chance car on a une très bonne équipe ! Mais il est clair qu’au début, il faut faire ses preuves, il faut mériter le respect de l’équipage. Sans ce respect, il est impossible de commander un bateau puisque le capitaine est le seul responsable à bord pour les passagers et les membres d’équipage. Si le personnel ne suit pas, c’est la catastrophe. Cela passe par plus de travail, plus de temps, plus d’exercices pour montrer qu’on est capable et que tout va bien se passer même si on est une femme !

L’équipage d’un navire comprend combien de personnes ?

Pour les rotations vers l’ilot Amédée, qui est notre principale destination, l’équipage minimum est de huit personnes, mais il faut compter aussi le personnel pour les animations à la journée, ce qui fait au total une quinzaine de personnes. En fait, nous sommes tous très polyvalents ! Le personnel non marin est habilité à assurer la sécurité des passagers et l’équipage est impliqué dans les animations, par exemple dans la préparation des repas. Et puis, en tant que capitaine, je suis aussi responsable de la journée sur l’îlot pour l’équipage et les passagers.

Entre 20 et 25 000 passagers sont débarqués chaque année sur l’îlot, cela représente un flux important de visiteurs. Avez-vous également un rôle à jouer pour préserver cet environnement si précieux ?

Sur l’îlot Amédée, nous avons un partenariat avec l’aquarium pour sensibiliser les passagers au fait que l’on soit dans une réserve. On travaille sur l’éducation pour qu’ils respectent l’environnement. Par exemple, jeter les déchets dans les poubelles, ne pas marcher sur les coraux, ne pas pêcher les poissons... C’est un travail de fond. La sensibilisation est d’autant plus importante qu’il y a une grande zone de nidification des sternes néréis sur l’îlot, une espèce peu répandue dans le monde. L’aquarium a vraiment ce rôle pédagogique sur la protection et nous avons de bons retours sur leur animation qui est très appréciée.

Le respect de l’environnement marin semble être une cause importante pour vous…

Oui, d’ailleurs je vais bientôt embarquer sur un navire de l’organisation Sea Shepherd en tant que capitaine en second. La mission consistera à patrouiller sur la mer Cortez, sur la côte ouest du Mexique, pour retirer les filets de pêches des braconniers. Car la pêche est interdite dans cette zone afin de protéger le Vaquita, un dauphin en voie de disparition. Ce dauphin sédentaire, endémique à cette zone, a le taux de reproduction le plus lent des dauphins et il ne reste plus qu’une trentaine de couples, d’où l’importance de les protéger.

Comment avez-vous été recrutée pour cette mission ?

L’opération Milagro, c’est son nom, est reconduite tous les ans et dure de 4 à 5 mois. Je me suis inscrite il y a un peu plus d’un an et j’ai été ravie d’avoir été acceptée ! Je pars pour deux mois et nous serons environ une vingtaine de personnes à bord venant du monde entier, équipage et scientifiques. Cette mission va être une expérience très enrichissante pour moi !