Des origines à BentProp en novembre 2016

En 1994, au hasard d’une fouille pour un film éducatif retraçant l’action de l’association Fortunes de mer, nous retrouvions l’épave d’un chasseur Bell P-39 Airacobra. Mais surtout nous sortions de l’oubli son pilote, le sous-lieutenant Howard Hulbert, dont les restes dormaient dans un joli cimetière marin au large de Tontouta. Ce fut le départ d’une collaboration heureuse avec le Central Intelligence Laboratory (ou CIL) dépendant de l’Armée Américaine.

L’objet de cet organisme gouvernemental est d’identifier, informer et rapatrier les dépouilles à leurs familles et rendre les honneurs militaires de la nation aux MIA ou « disparus en action », dont les restes sont retrouvés aux quatre coins de la planète lors de tous les conflits auxquels des soldats Américains ont participé, quel que soit l’époque. Par exemple sur les 400 00 soldats Américains morts pendant la seconde guerre mondiale, 73 000 sont toujours portés disparus.

Depuis 1996, année où le pilote du P-39 a été inhumé lors d’une imposante cérémonie militaire au cimetière national d’Arlington, près de Washington, l’association a conservé des contacts fréquents avec le CIL dont une équipe était venue en Nouvelle-Calédonie superviser le dégagement du pilote et la recherche de preuves pour son identification. Pour la petite histoire à cette époque la recherche portait sur des objets caractéristiques, comme une plaque d’identification personnelle ou une particularité physique, par exemple de la dentition. Maintenant un simple fragment d’os peut permettre de mettre une identité pourvu qu’il comporte de l’ADN utilisable pour une analyse mitochondriale.

Régulièrement, Fortunes de Mer Calédoniennes signalait au CIL des épaves d’avions, comme celle retrouvée en 2001 dans le lagon à l’Ouest de Koumac, un bombardier quadrimoteur Boeing B-17 Flying Fortress, supposé avoir été perdu dans les montagnes autour de Koumac en septembre 1942 avec ses 9 aviateurs d’après les archives.

D’autres épaves pouvant intéresser le CIL par le nombre élevé de leurs occupants leur ont été signalées comme perdues en mer, leurs existences ayant été retrouvées dans les archives.  Par exemple l’une a Nakéty, la version militaire du célèbre Douglas DC-3, ou C-47, disparue avec ses 24 occupants le 24 novembre 1943, mais pour laquelle l’association avait retrouvé un témoin directe de l’amerrissage, jeune à l’époque mais aujourd’hui décédé. L’autre est une épave similaire, remise en mémoire grâce à l’action d’un descendant d’un des 24 autres occupants perdus en mer le 27 décembre 1943 à proximité de la partie Sud-Ouest d’Ouvéa.

Fortunes de Mer Calédoniennes avait organisé plusieurs campagnes de fouille sur l’épave du bombardier de Koumac pour aider son identification et ainsi inciter le CIL d’Hawaï à venir faire ses investigations en Nouvelle-Calédonie. En effet le CIL aujourd’hui le DPAA est une structure plutôt modeste, une cinquantaine de personnes pour œuvrer sur tout le globe pour tous les conflits armés où des soldats américains ont disparu, en action ou prisonniers. En fait cette structure n’a pas vocation pour chercher directement les sépultures des disparus, navires, avions ou champs de bataille, mais de coordonner l’identification et le rapatriement des restes des MIA.

Pour information, c’est ce qui s’est passé lors de la découverte fortuite par des plongeurs locaux des restes du capitaine d’infanterie E. J. Euart, l’une des deux victimes du naufrage du paquebot Américain transformé pour le transport de près de 5500 marins et hommes de troupe, le « Président Coolidge », au Vanuatu dans le canal du Segond bordant l’île d’Esperitu Santo où il a sauté le 26 octobre 1942 sur un champs de mines « amies ». Une équipe de la DPAA assistée de plongeurs de la Marine Américaine transportée par leur Armée de l’Air est venue en mars 2015 avec de gros moyens pour réaliser cette mission au profit d’un véritable héros qui a sauvé des vies en redescendant à bord alors que le bateau chavirait, l’emmenant peu à près dans ses flancs.

Peut-être qu’alors la DPAA à Hawaï s’est souvenue que non loin du Vanuatu existait la Nouvelle-Calédonie où une association de traqueurs d’épaves passionnés d’histoire et de mer leur avait proposé de s’intéresser à un bombardier et surtout à ses 9 occupants qui mériteraient un retour digne à leurs foyers aux États Unis.

Or l’agence était déjà en relation avec une autre association à but non lucratif Américaine, BentProp, ce qui signifie l’hélice tordue. BentProp a cherché avec succès des épaves d’avions, et des MIA principalement, dans les îles Palau pendant plusieurs années. Cette région était tenue par les Japonais lors de la seconde guerre mondiale et lors de sa reconquête par les forces Américaines les combats violents ont entrainé la disparition nombreux marins et aviateurs. En particulier l’association avait retrouvé dans l’épave immergée d’un bombardier quadrimoteur Consolidated B-24 Liberator les restes de huit de ses occupants qui ont pu être identifiés grâce à l’analyse de leur ADN.

Comme BentProp cherchait à diversifier son champ géographique d’action, la DPAA leur a proposé d’effectuer pour leur compte une mission d’expertise en Nouvelle-Calédonie destinée à évaluer la probabilité de traiter les cas des MIA de Koumac en estimant la probabilité d’y retrouver des restes humains, jusqu’alors non décelés sur le site du crash, et de pousser plus loin les enquêtes sur les disparitions des C-47 d’Ouvéa et Nakéty en vue de recherches ultérieures avec des moyens importants, décision que se réserve la DPAA.

C’est ainsi qu’un matin, l’auteur de cette missive, membre de FDMC et du MMNC, connu pour sa passion pour histoire, l’aéronautique, la marine et la plongée, reçu un email de BentProp l’invitant à participer à une telle mission en décembre 2016. La suite sur cette mission, qui est devenue passionnante et riche en enseignements, au prochain « Bruits de coursive » ou avant si ma prose vous plait, cher lecteur.

Jean-Paul Mugnier

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A la suite de la découverte de cette pièce exceptionnelle, une exigence se fait jour dans l’esprit de tous les membres de FDM. Il faut maintenant se livrer aux gestes  habituels : remonter cette énorme pièce à la surface, la transporter à Nouméa, la confier au Musée maritime qui entamera la procédure de traitement adaptée.
La réalité aussi apparaît, les moyens de l’association ne permettent pas de telles opérations. Pour les réaliser, sans évidemment passer par des professionnels, il faudra s’adresser à des organismes susceptibles d’effectuer de tels travaux au titre de l’aide aux associations, de leur soutien à la culture. Les contacts sont pris avec le service des Phares et Balises. Ce service, dépendant de la Direction des Infrastructures de la Topographie et des Transports Terrestres (DITTT) au Gouvernement de la NC, dispose du navire des phares et balises », le Louis Henin. La mission séduit les décideurs. Dans le cadre d’un passage entre l’île d’Ouvéa et le nord de la Grande Terre, le rendez-vous avec le Louis Henin est programmé pour le 2 décembre 2015, au lever du jour, dans la passe de Pouébo ! Les contacts avec le capitaine du bâtiment, Alain BRESIL, permettent de s’accorder sur la technique qui sera utilisée.

Une véritable opération « commando » sur 4 jours est envisagé pour relever cette relique exceptionnelle. Précise dans le projet, elle ne nécessite pas un effectif important. Trois véhicules remorquant deux embarcations couvrent les 500 km qui séparent Nouméa du village de Pouébo. Ils sont quatre plongeurs, un pilote d’embarcation, un cinéaste. Installation dans la zone habituelle, tentes, gonflage, mise à l’eau des bateaux.

Pour bénéficier de peu de vent, la consigne est de partir tôt ! Le premier jour, rapidement sur site, les deux palanquées se succèdent. L’appareil distillatoire est  solidement élingué et un bout « incassable » le relie à une bouée de surface.

La seconde journée commence par la découverte du serpentin et d’autres pièces en bronze et cuivre, toutes faisant partie de la cuisine. L’après-midi est consacrée à préparer les élingues, le vent s’est levé et rend les manœuvres délicates.

Le 2 décembre, malgré une mer forte dans le canal des Loyauté, le Louis Henin embouque la passe de Pouebo pile à l'heure prévue pour le rendez-vous. En quelques minutes, l'équipage remonte par un cabestan les pièces jusqu’à la surface puis avec sa grue les amène sur son pont. Excellente répétition pour un même exercice mais avec cette fois, l’énorme cuisinière. La bouée saisie, le cabestan enroule le câble dans une mer agitée. Tout se passe bien et saisie par la grue, la pièce majeure est posée sur le pont. Dans le vent et la pluie, quelques hourras depuis les embarcations de FDM. Rendez-vous dans une baie à l’abri, congratulations, café, il ne reste plus qu’à démonter et rentrer à Nouméa. Le Louis Henin poursuit sa mission et c’est le 7 décembre qu’il accoste au quai de la zone portuaire de Nouville. L’aide du Port Autonome est bienvenue pour transporter les lourdes pièces (une tonne deux cents…) dans le local où s’effectuera le traitement. La cuisine distillatoire est enfin débarquée à l'abri de l'annexe du Musée maritime, pour y subir au laboratoire un traitement de conservation sous la direction de Marie Arnautou, conservatrice-restauratrice nouvellement en poste.

Le 18 décembre, l’équipage du Louis Henin, accompagnés des cadres des Phares et Balises et du directeur de la Direction des Infrastructures de la Topographie et des Transports Terrestres (DITTT) bénéficient d'une visite guidée de l’exposition « Le secret de la Seine », par Gilbert Castet le président du MMNC.

Gilbert Castet & Pierre Larue

En 1968, les plongeurs de la Marine nationale inventent, dans la passe de Pouebo, au nord-est de la Grande terre de Nouvelle-Calédonie, l'épave de la corvette de guerre française Seine naufragée le 03 07 1846, par 23 m de profondeur. En septembre 2015, avec l'appui de la province Nord, sept membres de Fortunes de mer Calédoniennes (FMC) organisent le 6ème chantier de fouilles sur cette épave historique d'un grand intérêt archéologique.

Hébergés pendant 8 jours par la famille Dalap, les plongeurs ont bénéficié près du campement, d'une rampe pour la mise à l'eau de leurs deux embarcations, remorquées depuis Nouméa distant de 500 km. Quotidiennement, les intervenants se sont relayés à la buse d'aspiration de la «suceuse » hydraulique, près du monumental cabestan, totalisant 44 h de travail au cours de 50 plongées. De nombreux artefacts ont été remontés dont plusieurs sabres de marine dans leur fourreau en cuir et métal. Les plongeurs ont identifié une cuisine distillatoire à l'avant bâbord de l'étrave. Cette pièce rarissime en bronze, de forme cubique, pèse 1,2 tonne. Elle fait partie d'un ensemble qui servait à la dessalinisation de l'eau de mer, en la chauffant selon le principe de l'alambic. Les besoins en eau étaient importants pour un équipage de 232 hommes, embarqués pour 4 ans sur un navire de moins de 50 mètres. Cet outil équipait tous les navires de la Marine nationale en mission de circumnavigation autour du monde et permettait de limiter les tentatives d'aiguade dans les îles peuplées par des populations hostiles. « Cette découverte est exceptionnelle car il s'agit probablement d'une pièce unique au monde », explique Philippe Houdret le président de FMC ; à l'époque, il s'agissait d'un appareil de haute technologie aujourd'hui mal connu. A partir de la fin du XIXe siècle, quand les navires plus imposants embarquaient assez d'eau pour limiter les escales, ces appareils devenus obsolètes ont été fondus pour recycler le bronze.

Les membres de FMC ont travaillé en étroite collaboration avec l'équipe du Musée maritime de Nouvelle-Calédonie. Valérie Vattier la directrice, au cours des recherches pour l'exposition temporaire actuelle « Le secret de la Seine », avait retrouvé la trace de cet équipement dans un catalogue de pièces embarquées sur la corvette. En septembre 1845, le navire appareille de Brest avec à son bord, la cuisine distillatoire des artisans Nantais Peyre & Rocher mis au point trois ans plus tôt. "Nous l'avons retrouvé à plus de 20 m du site de fouille" explique le photographe Luc Faucompré. Une opération sera envisagée dès que possible pour relever cette relique exceptionnelle. Il nous faudra sangler cette pièce, y fixer deux sacs de relevage de 1000 litres chacun, les gonfler, puis une fois près de la surface, tracter l'ensemble jusqu'à un navire équipé d'une grue de plus d'une tonne de traction. La cuisine distillatoire pourra alors être enfin débarquée au laboratoire de l'annexe du Musée maritime , pour y subir un traitement électrolytique sous la direction de Marie Arnautou, conservatrice-restauratrice nouvellement en poste.

Après la restauration en décembre 2009 de la double barre à roue de la Seine, le Musée maritime de Nouvelle-Calédonie pourra s'enorgueillir d'exposer une seconde pièce exceptionnelle.

Pierre Larue

Plan de l'épave de la corvette Seine (Relevé Jean-paul Mugnier et Luc Faucompré FMC)

Pour fêter ses 30 ans, Fortunes de mer calédoniennes programme du 1er au 26 mai, une campagne de recherche d'épaves : 19 membres, à bord de deux catamarans à voiles et d'un voilier monocoque, appareilleront de Nouméa le 1er mai pour le récif des Français et les récifs d'Entrecasteaux, composés des atolls de Surprise et de Huon, situés au Nord du Grand Passage. C'est la première fois que l'association interviendra si loin et si longtemps sans l'assistance de la Marine nationale.

Première zone de recherches

Nord du récif des Français et lagon à partir de l'île de Yandé jusqu'au Grand passage.

Épaves à inventer:

 - Goélette Pilot – 1870

 - Goélette à vapeur Dayspring III – 1896

 - 3 mâts barque West Australian – 1904

 - Vapeur Epi - 1914

Trois avions :

 - C -47 Skytrain -1942 (USAAF)

 - PBY-5 Catalina - 1942 (USNC)

 - B-17 Forteresse volante – 1942 (USAAF)

Seconde zone de recherches

Atoll de Surprise avec les ilots Surprise, Leleizour et Fabre. Atoll de Huon avec l'îlot Huon, récifs Guilbert et du Mérite

Épaves à inventer:

 - La jonque Ningpo – 1854, dont les naufragés ont été recueillis par le HMS Torch qui a aussi signalé deux autres épaves, peut-être  les voiliers Mic Mac- 1839, et Patagonia -1851.

 - 3 mâts Plato - 1873

 - 3 mâts goélette Glen Albyn - 1877

 - 3 mâts Onward - 1878

 - 3 mâts Aleida - 1908

Sans compter tous les navires qui ont disparu, corps et âmes, sans laisser de trace dans les archives maritimes, aucun rescapé n’en ayant rapporté le naufrage.

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Jeudi 4 juillet

Départ de Beijaflor de Port Moselle à 8 h30. Arrivée au mouillage baie de Kouakoué à 23h. Isabelle arrivant de sa mission de recherche du C47 Dakota après une semaine sur les eaux de Nakety, sous une pluie démentielle, est déjà accostée depuis l’après-midi. Sébastien, spécialiste de la détection, à mis en œuvre avec efficacité, le sonar Starfish 452 F de location, sur des fonds de 25 mètres. Une belle image du John Higginson en est sorti.

Vendredi 5 juillet.

Sébastien, qui a participé à la recherche de l’avion sur Isabelle, rentre sur Nouméa à bord de l’hélicoptère Hugues 300 de la société Montagnat. Installation du chantier de fouilles archéologiques, sur la goélette à vapeur John Higginson, tour de côte naufragé en 1882. Mise en place d’un mouillage pour Isabelle et installation d'une suceuse hydraulique. La pompe de la suceuse hydraulique placée à bord d’Isabelle est trop haute pour son amorçage. Elle sera installé avec succès sur Pékai.

Peu après son invention en 1987 par Fortunes de Mer Calédoniennes, les premières fouilles archéologiques réalisées sur l’épave, on été effectuées dans le coqueron arrière qui s’est avéré très riche en objets. Le coqueron ayant été complètement vidé des sédiments et de ses nombreux artefacts, la nouvelle zone de fouilles choisie se situe au niveau de la cale avant entre la chaudière et le pic avant.

Premières plongées de reconnaissances sur l'épave riche en faune et en flore. Jean-Michel et Luc filment et photographient l'épave avant l'installation du chantier. Jean-Michel a un petit souci d’étanchéité sur son caisson. Après le départ des « faiseurs d'images », la suceuse est fixée et les plongeurs commencent à aspirer les sédiments en creusant le premier cratère. D’après la description du chargement nous connaissons par nos archives la nature du chargement : 25 tonnes de charbon, 3 tonnes d'ignames et 3 tonnes d'objets divers. Bien entendu, nous espérons remonter les marchandises diverses. Le soir les repas sont pris en commun sous le grand  faré du camp de repos de la société Montagnat. Petit feu de bois et parfois un barbecue sont organisés sous un appentis en tôles.

Samedi 6 juillet

Le temps est au beau fixe et le vent faible. Profitant de cette fenêtre météo, nous décidons d’aller visiter l'épave du Ville de Saint-Nazaire, naufragé en 1904 dans la passe de Kouakoué et retrouvée par FMC en 2006. Suite aux fortes pluies, la mer est trouble sur les 3 premiers mètres de profondeur. Après plusieurs tentatives nous localisons le site au GPS et au sondeur. Isabelle mouille sur un fond de 6 mètres sur le récif fatal au grand voilier, à proximité de l’épave. Quelques membres de FMC découvrent cette épave exceptionnelle dans une eau limpide. Les moyeux de la double barre à roue sont abandonnés de ses colonies d'alcyonaires qui les décoraient joliment lors de notre dernière visite en 2007. Luc, Jean-Michel et Jean-Paul, font des images.

Dimanche 7 juillet

La vase soulevée par la suceuse produit rapidement un épais nuage qui gène considérablement la visibilité. Malgré un dégagement important de sédiments et de concrétions coralliennes, nous ne trouvons que du charbon et des pièces métalliques encombrantes. A bord d’Isabelle, les palanquées de 2 plongeurs se succèdent sans problèmes. Didier le directeur de plongée optimise au mieux les plongées. Isabelle, bien sécurisée, roule au mouillage. La houle grossit systématiquement en fin de matiné. Pendant le séjour, 2 rotations hélico permettent aux membres de FMC de nous rejoindre plus tard ou de rentrer plus tôt. Au bout du wharf de Kouakoué, deux petits compresseurs permettent de regonfler les blocs de plongée ainsi que le gros compresseur stocké sur Isabelle. Sur Beijaflor, un petit compresseur de 6m3 charge les bouteilles de l'équipage.

Lundi, mardi et mercredi

La suceuse est déplacée plusieurs fois en différents endroits de la cale afin de diversifier les sondages. Hélas nous ne trouvons que du charbon. Nicolas remonte une solide charnière d'écoutille en bronze. Luc pense avoir repéré un chadburn en bronze, en fait il s’agit d’un habitacle de compas en acier dont seul le cerclage supérieur est en bronze. Après la découverte d'un petit hublot en bronze sur la paroi tribord du coqueron, le binôme Denis et Jean-Pierre n'a pu extraire ce bel objet de marine par manque d'outils adéquats.

Jeudi 11 juillet

Départ de François et de Jean-Michel. Avec Philippe, arrivée de Anouchka Filc, journaliste pour Les nouvelles calédoniennes. Elle suivra le déroulement et l’organisation des fouilles afin d’écrire un article « vivant ». Parallèlement aux palanquées suceuses, Philippe et Pierrot effectuent les relevés métrés de l’épave, Ils permettront à Luc, en plus de ses photos, de réaliser un plan précis de l'épave à l’échelle. Nous sommes toujours dans du charbon malgré tous les sondages réalisés.

Vendredi 12 juillet

La suceuse hydraulique est positionnée dans le pic avant, mais au moment de l'aspiration, la visibilité dans l’étroite cale est vite obstruée par la fine vase en suspension. Aucun artefact n'a pu être retrouvé, Il nous manque une pleine journée de plongée pour vider totalement la couche de sédiments accumulée dans cet endroit. Une grosse pièce en bronze de forme tubulaire, provenant de la chaudière est remontée sur Isabelle. Par manque de temps, nous ne pourront récupérer une grande cheminée en bronze ensablée sur bâbord. Le chantier est désinstallé par Yann et Jean-Paul. Nous les récupérons en pleine eau, à bord de Pékai.

Samedi 13 juillet

Départ des deux bateaux le matin de la baie de Kouakoué le vent de sud-sud-est est bien établi. Arrivée Beijaflor à Port Moselle et d'Isabelle au quai de Nouville, dimanche en fin de matinée.

L’ensemble de la mission à été réalisée sans problème particulier. Les plongées furent organisées selon les normes fédérales. Nous avons fait de notre mieux même si la collecte d’objets n’a pas été à la hauteur de l’énergie dépensée et de nos prévisions. Chacun aura progressé en s’initiant ou en se perfectionnant dans la logistique d'un chantier de fouilles archéologiques sous-marines, par l'irremplaçable pratique des techniques d’excavations, par l'indispensable entraide entre-nous, promesse d'efficacité dans nos futures recherches. De belles images sous marines ont été réalisées par Luc et Jean-Michel. Elles seront la base d'un film et d'articles sur cette épave. Nous n'oublions pas que la lourde maintenance, en amont, d'Isabelle et le pilotage de notre bateau amiral par Michel et Jean-Pierre ont largement contribué au bon fonctionnement de ce projet.

 

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