Exposition permanenteCharpentier de marineMusée MaritimeIle de Lumière

Henri Gama, conseiller artistique depuis 25 ans, a rejoint l’équipe du musée pour son projet de réaménagement. Nous recueillons ses impressions sur sa mission…

Henri, en quoi consiste ton métier de conseiller artistique ?

Mon métier a de multiples vocations. D’un côté j’exerce avec des associations, des musées, des fondations, des administrations ou des entreprises et de l’autre des créateurs et en particulier des artistes plasticiens. Mon métier consiste à monter des projets évènementiels, des expositions par exemple, à gérer des budgets, à travailler également à la promotion de ces projets. C’est être à la fois dans l’aspect créatif et dans l’aspect diffusion.

Peux-tu nous parler de certaines de tes missions antérieures?

Pendant près de 15 ans j’ai exercé en indépendant à Paris et j’ai monté beaucoup de projets en France mais aussi à l’international. En 2001 j’ai été recruté par le Centre Culturel Tjibaou pour diriger le département des « Arts plastiques et Expositions ». J'y suis resté cinq ans. J’ai ensuite intégré la direction de la culture de la Province Sud pendant près de 2 ans, en tant que chargé d’actions culturelles. Et depuis 2009 je suis installé en professionnel libéral sur le territoire. Une de mes dernières missions a été d’être coordinateur général de l’évènement « Quais des Arts » dans le cadre du dernier festival des arts mélanésiens. Je suis également rédacteur en chef et créateur du journal « Les Arts bougent ».

Tu fais partie de l’équipe scénographie de la nouvelle exposition du Musée maritime de Nouvelle-Calédonie, quel y est ton rôle ?

Mon rôle dans cette équipe est de piloter la scénographie. Coordonner toute une équipe en lien avec le Musée, les architectes chargés du projet et les graphistes. Je suis un pont entre les différentes équipes.

L’équipe de scénographie à proprement parlé est constituée de Laurent Lange, pour les créations lumières, Terance Barnes, pour les créations relative aux espaces dédiés aux enfants, François Uzan pour le soclage des objets (fabriquer le système sur lequel reposera l’objet) et Philippe Bernard qui réalisera les décors et certains dispositifs scénographiques.  La scénographie consiste à mettre en scène les objets de façon attractive. L'objectif est de respecter le sens voulu par la muséographie et de le transmettre au plus grand nombre.

En fait la base est le cahier des charges de l’équipe de muséographie du Musée constituée par Valérie Vattier, la directrice du Musée, et Annie Marderos, muséographe. Ma mission pour résumé consiste donc à vérifier la conformité du projet par rapport aux exigences du cahier des charges muséographiques, à assurer la coordination entre les différentes équipes et enfin faire en sorte que l'on respecte les délais et le budget.

Comment inter-réagis tu entre l’équipe du Musée Maritime, l’équipe scénographie et celle des architectes ?

On a différents modes de travail. En amont il y a un travail avec l’équipe du musée, de façon à bien déterminer quels sont les enjeux à travers différents modules prévus. En premier lieu il est nécessaire de tracer une esquisse de ce que sera cette exposition permanente. Dans un deuxième temps, cette esquisse sera traduite en volume par les architectes.

Puis simultanément avec l’équipe scénographie on engage une réflexion et un travail sur l'aspect esthétique sans jamais perdre de vue les intentions de l’équipe muséographique. Dans des projets de ce type, on a des contraintes que l’on découvre au fur et à mesure que le projet avance. Par exemple, le Musée est un Etablissement Recevant du Public (ERP), il doit donc respecter des normes pour recevoir du public. Cette contrainte peut nous amener à adapter notre projet ou à revoir nos copies. D’où l’importance du travail d’équipe, chacun à des compétences spécifiques, on doit tous travailler ensemble pour pouvoir avancer. Chacun doit percevoir la globalité du projet.

Autre exemple, certains objets incontournables demandent des manipulations ou des critères de stockage particuliers dont il faudra tenir compte dans la scénographie.

Le projet est intéressant, tu peux nous en dire deux mots ?

Oui il est passionnant. Initialement  je connaissais mal la collection du Musée ! Je dois donc m’intéresser à ces objets, à leur histoire. C'est une découverte souvent émouvante. Plus on avance et plus c’est motivant, on découvre que même un objet en piteux état peut raconter énormément de choses. On est dans un registre complètement différent par rapport à une exposition artistique.C’est bien sûr l’histoire que l’on connait de l’objet qui me touche mais plus encore sa force évocatrice qui peut m'entraîner dans des rêveries hors du temps. Il y a aussi des périodes dans l’histoire maritime qui sont encore entourées de mystère, par exemple l’expédition La Pérouse, la période des découvertes et des grandes expéditions.

Je souhaiterais que la scénographie de cette exposition puisse permettre au public d’aller plus loin, qu'elle lui donne envie d’en connaitre davantage. Il y aura d’ailleurs un module « Pour aller plus loin », avec de la documentation qui précisera certaines thématiques. Un musée c'est aussi cela : mettre en lumière certaines parts d'ombre.

On connait l’ancienne exposition permanente du musée, quelles seront les nouveautés dans ce projet ?

Certes on va retrouver des objets qui ont été déjà vu par des visiteurs.  L'objectif de l'exposition est d'être fidèle à l'histoire tout en offrant une autre lecture. Le fil conducteur du projet est de décliner  les différents modules autour d'un axe :« relier-être relié ». C'est à dire évoquer les hommes de ce pays sous l'angle commun de l’histoire maritime. Ceux qui sont venus, ceux qui sont repartis par les voies maritimes. Parler des objets c’est aussi parler des hommes. Ce sont d’abord les hommes qui font les bateaux et qui les utilisent !

Ce qui me plait dans cette aventure c’est le travail d’équipe dans un objectif commun. Proposer quelque chose qui aille en direction du public d'aujourd'hui. Etre en médiation avec des gens complètements différents et avec des compétences différentes, on est tous dans le même bateau et on va arriver ensemble !