Exposition permanenteCharpentier de marineMusée Maritime

En avril 1768, à l’âge de 40 ans, James Cook (1728-1779) est choisi par l’Amirauté pour entreprendre un premier voyage de circumnavigation dont les objectifs sont d’observer à Tahiti le transit de Vénus et de trouver l’hypothétique continent austral.

Jugé plus pratique et plus maniable, l’Amirauté choisit de confier à l’officier britannique le Earl of Pembroke, un ancien charbonnier lancé en 1765 dans le port de Whitby qui est renommé Endeavour ("effort" en français). Le trois-mâts carré, long de 29,80 m et jaugeant 368 tonneaux subit quelques aménagements pour en faire un navire d’exploration solide et fiable.

Le capitaine Cook embarque à son bord 94 hommes pour un voyage qui va durer 3 ans. A la demande de la Royal Society, il reçoit à son bord plusieurs scientifiques, parmi eux Charles Green, l’astronome, qui observera le passage de Vénus devant le soleil. S’ajoutent également deux naturalistes chargés de collecter et inventorier les nouvelles espèces rencontrées, Joseph Banks, fortuné botaniste anglais de renom, et Daniel Solander, botaniste suédois. À leurs côtés, l’artiste Sydney Parkinson produira des dessins qui illustreront par la suite le récit du voyage.

James Cook quitte Plymouth le 26 août 1768. Il passe par le Cap Horn et se rend à Tahiti où il effectue l’observation de l’éclipse. Il découvre ensuite des îles qu’il nomme îles de la Société, en l’honneur de la Société géographique de Londres. Poussant plus vers le sud il accoste en Nouvelle-Zélande et cartographie l’île, tout en observant avec précision ses habitants, les Maoris. Puis il se rend sur la côte est de la Nouvelle-Hollande dont il démontre qu’elle est séparée de la Nouvelle-Guinée. Il prend possession de ces terres au nom du roi d’Angleterre et revient en Angleterre le 12 juillet 1771.

Mais l'histoire du navire ne s'arrête pas là! En 1778, l'Endeavour renommé Lord Sandwich, est utilisé pour transporter des troupes britanniques lors de la guerre d'indépendance des Etats-Unis. Il est alors coulé par l'Amirauté avec 12 autres navires au large de Rhode Island pour bloquer la venue des navires venant à l'aide des Américains.

La réplique de l’Endeavour, fidèle à l’original, permet de découvrir les conditions de vie à bord d’un navire d’exploration du 18ème siècle. Le logement de l’équipage sur le pont, la cuisine, la grande cabine du capitaine ainsi que celles des scientifiques sont refaits à l’identique. Si vous souhaitez avoir un aperçu du navire, vous pouvez effectuer une visite virtuelle sur le site de l’Australian National Maritime Museum de Sydney :

https://www.sea.museum/anmm_files/VirtualEndeavour/Virtual-Endeavour.html

En ce 8 mars, pour la journée internationale des droits des femmes, nous souhaitons aujourd’hui mettre à l’honneur Elodie Jaunay, directrice de l’agence Kenua à Nouméa.

Elodie, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots l’activité de l’agence que vous dirigez ?

L’agence Kenua est dotée d'une excellente équipe d'agents maritimes qui fait le lien entre les navires de croisière qui arrivent en Nouvelle-Calédonie, les autorités portuaires et les prestataires. Chaque navire étranger a besoin d’un agent local pour effectuer toutes les formalités d'arrivées, que ce soit les contrôles aux frontières avec les services de la DASS ou les vérifications douanières, phytosanitaires et d’immigration. Nos agents maritimes sont présents pour répondre à tous les besoins éventuels du navire, la recherche d’hôtel, des éléments de navigation, la mise en place et le suivi d’une évacuation médicale ou la nécessité de s’approvisionner. Les agents sont en lien avec les prestataires locaux indispensables au bon fonctionnement d'une escale, tels les pilotes maritimes, les lamaneurs, les comités d'accueil dans les destinations et tous ceux qui évoluent autour du navire. L'agence est aussi le relais comptable pour les compagnies.

Quel trafic cela représente-il chaque année ?

En 2018, nous avons géré environ 470 escales, une centaine par île (Ile des Pins, Lifou, Maré) et 170 sur Nouméa. Il y a moins d’escales sur les îles car certains jours, comme les dimanches à l'Ile des Pins ou les jours fériés et les fêtes culturelles dans d'autres îles, sont exclus. Certains paquebots viennent tout au long de l’année, comme ceux de P&O Cruise Australia et Carnival Cruise Lines basés en Australie. D’autres compagnies, comme Royal Caribbean Cruise Line, viennent surtout en été dans le Pacifique. D’où notre pic d’activité durant les mois d’été. Ce qui représente environ 500 000 croisiéristes par an.

Qu’est-ce qui rend attractive l’escale de Nouvelle-Calédonie ?

Le gros atout de la Nouvelle-Calédonie est la diversité de nos destinations et leur authenticité. Pour les armateurs, Nouméa est intéressante pour ses installations portuaires, médicales, ses infrastructures d’approvisionnement et sa "french touch". Pour une croisière de 7 à 10 jours, la Nouvelle-Calédonie est la porte d'entrée vers le Vanuatu et Fidji. Les navires ont impérativement besoin d’une escale technique sur leur itinéraire et seuls trois ports peuvent recevoir à quai de tels navires : Nouméa, Port-Vila et Santo. S’ajoute à cela les destinations de l'île des Pins, Lifou et Maré très appréciées par les croisiéristes pour les échanges culturels, les paysages magnifiques et les plages. Les échanges avec les tribus, les excursions à terre et les activités nautiques mis en place par les prestataires locaux sont aussi très recherchés.

Vous êtes donc à la tête de l’agence Kenua, quel a été votre parcours ?

Calédonienne d’origine, j’ai effectué des études d’anthropologie et de linguistique en Australie car je souhaitais être bilingue et travailler dans la culture. Je suis tombée un peu par hasard dans le métier d’agent maritime. En 2002, j’ai travaillé pour CMA CGM et j’avais pour mission de gérer les escales de croisière. En 2007, Gilbert Thong, un pionnier du tourisme et de l’animation à qui je souhaite vraiment rendre hommage, m’a contactée pour monter cette société. Lui gérant la partie touristique et moi la partie logistique. Et c’est exactement cette double compétence que recherchaient les armateurs. Malgré la disparition regrettée de Gilbert il y a 3 ans, la pirogue qu’il a créée est toujours à flot...

En parallèle j'ajouterais que je fais également partie du cluster maritime de Nouvelle-Calédonie regroupant un grand nombre de professionnels de la mer. Le cluster maritime a pour mission de sensibiliser la Nouvelle-Calédonie aux grands enjeux de la mer, afin qu'elle se dote d'une gouvernance adéquate et puisse être mieux protégée et préservée.

La présence de femmes dirigeantes dans le milieu maritime n’est pas encore très répandue. Comment êtes-vous perçue dans ce contexte professionnel très masculin ?

La situation a évolué très rapidement ces dernières années. Il faut de toute façon faire ses preuves pour être reconnu dans le métier, qu’on soit un homme ou une femme. Les femmes sont surement plus exigeantes, car elles ont peut-être l’impression qu’elles doivent faire un peu plus leurs preuves.

Dans ce métier, nous travaillons avec les coutumiers et avec les tribus. Au début ce n’était pas évident de débarquer sur les îles en tant que femme, blanche de surcroît. Il faut prendre le temps d’expliquer que nous sommes là pour les aider et que nous sommes partenaires. Aujourd’hui tout se passe très bien, il y a également des femmes extraordinaires qui gèrent les structures dans les îles. Notre collaboration date maintenant de plusieurs années.

Auriez-vous un moment qui vous tient particulièrement à cœur et que vous aimeriez évoquer ?

Ma formation en anthropologie m’implique sans doute davantage dans les relations humaines et travailler avec les îliens est très enrichissant. Un événement m’a particulièrement marquée. Les compagnies maritimes  avaient déjà entrepris depuis quelques années des discussions avec les coutumiers de Maré pour l’accueil de navires et le premier devait arriver en août 2012. Or, 6 mois auparavant, des conflits graves opposant des clans ont éclaté sur l’île. Cela n’avait rien à voir avec la venue des bateaux mais il était difficile de continuer le projet alors que les gens ne se parlaient plus entre eux. Pour sortir du conflit, nous avons proposé de rassembler une délégation de Maré, de l’Ile des Pins, de Lifou, de Nouméa, des membres du consulat d’Australie et des armateurs. Dans le monde mélanésien, les échanges peuvent être plus aisés en prenant les chemins coutumiers entre îles et c’est que qui s’est passé. Ce fut un week-end de réconciliations, les gens de Maré se sont fédérés autour du projet au-delà de leurs conflits internes.

Aujourd’hui à Maré, mais aussi dans les autres îles, ce sont les tribus qui organisent et structurent l’arrivée du bateau. En aucune façon, les armateurs ou l’agence n’imposent quoique ce soit. Nous sommes vraiment contents que ce projet ait vu le jour, cela permet aux îliens de rester dans leurs îles en développant des activités liées au tourisme!

 

Le Musée maritime de Nouvelle-Calédonie et les associations Salomon et Fortunes de Mer Calédoniennes vous souhaitent une excellente année 2019!

Carte-de-voeux-Musee-Maritime-2019

Pour la troisième année consécutive, TripAdvisor décerne le certificat d'Excellence au musée maritime de Nouvelle-Calédonie pour l'année 2018! Merci à tous nos visiteurs qui ont laissé leur commentaire sur le site de TripAdvisor!

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