« Au mérite d’habile navigateur, de guerrier, de bon écrivain, Mr de La Pérouse en joint un autre bien plus cher à son cœur, celui d’être aux extrémités du monde le digne représentant de l’humanité, de son prince et des vertus de sa nation ». (Lettre du naturaliste Lamanon au maréchal de Castries, ministre de la Marine, écrite  en Mer de Chine, 1er janvier 1787).

Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, est né au manoir du Gô, en Albi, le 23 août 1741. Dès l’âge de 15 ans, il entre aux gardes de la Marine...

Au cours de la guerre de Sept ans, volontaire à bord du vaisseau le Formidable, il est blessé et fait prisonnier à la bataille des Cardinaux. En 1764, il est nommé enseigne de vaisseau et séjourne de 1772 à 1777 dans l’Océan Indien, où, sous les ordres de Ternay, il accomplit deux campagnes aux Indes. Puis c’est la guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

Lieutenant de vaisseau (1777) sous les ordres de d’Estaing, Ternay et de Grasse, La Pérouse commande successivement les frégates l’Amazone et l’Astrée. Capitaine de vaisseau (1781) sur l’Astrée, il se distingue en capturant en compagnie de l’Hermione, une frégate, une corvette et plusieurs transports anglais.

En 1782, il est mis à la tête d’une division composée du vaisseau de 74 canons le Sceptre, des frégates  l’Astrée (lieutenant de vaisseau Fleuriot de Langle) et   l’Engageant . II accomplit alors, une mission difficile dans la baie d’Hudson dont l’objectif : détruire les établissements anglais des forts York et  Prince de Galles, est pleinement atteint. Les Anglais eux-mêmes rendent hommage à ses sentiments humanitaires.

La paix venue, il reçoit du roi Louis XVI le commandement d’une grande expédition de découverte dans le Pacifique qui se voulait le digne pendant français des illustres voyages du britannique James Cook (1728-1779).

L'expédition avait été décidée et préparée par le roi en personne avec ses conseillers, et entièrement financée sur des deniers publics. Ses objectifs étaient scientifiques, mais aussi commerciaux :

 - parachever les découvertes de Cook dans l’Océan Pacifique,

 - rechercher de nouveaux débouchés pour le commerce français.

A la veille de son départ, La Pérouse a 44 ans. Il porte l’uniforme depuis 28 ans dont 14 de campagnes. Ses deux frégates, l’Astrolabe et la Boussole appareillent de Brest le 1er août 1785 avec à leur bord une équipe de savants et d’artistes. Le 9 avril 1786, il aborde l’île de Pâques. Le 29 mai, il est aux îles Hawaï dont il rectifie la position sur la carte. Le 2 juillet 1786, il atteint la côte Nord-Ouest de l’Amérique. Il gagne ensuite Macao, puis les Philippines et de là remonte vers le Japon.

Le 2 août 1787, il reconnaît entre les îles Sakhaline et Hokkaido, un détroit qui, depuis lors, s’appelle le « Détroit de La Pérouse ». Au Kamtchatka, le 7 septembre, il apprend sa nomination au grade de Chef d’Escadre et charge Jean-Baptiste de Lesseps de porter en France ses journaux de route et ses cartes. Il gagne ensuite les Samoa, l’Archipel de Tonga et aborde le 26 Janvier 1788 à Botany Bay (Australie).

Il rencontre là la flotte du Commodore Phillip, à qui il confie  son dernier rapport pour le Maréchal de Castries, Ministre de la Marine. Le 10 mars 1788, il met le cap à l’est.

On ne le reverra plus. Le mystère La Pérouse grandit.

Son destin resta inconnu jusqu’en 1827, année où furent découverts, par Dillon, les vestiges de navires qui avaient fait naufrage avec leurs équipages à Vanikoro, dans l’archipel des Santa Cruz (Iles Salomon).

Dumont d’Urville y fit édifier la même année, un monument à la mémoire des disparus.

Les deux navires de l’expédition La Pérouse, la Boussole et l’Astrolabe, heurtèrent les récifs de l’île, alors inconnue des navigateurs, une nuit de 1788. Les traditions orales recueillies en 1827 par Peter Dillon, découvreur du lieu du naufrage, suggèrent qu’une tempête aurait jeté les navires sur la barrière corallienne. Ces mêmes récits font état de nombreux survivants qui se seraient installés sur la côte, près d’une rivière où ils construisirent un camp dans lequel ils vécurent avant de repartir dans une ou plusieurs embarcations.

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