Exposition permanenteMusée MaritimeNDM

Portraits et Témoignages

Cette rubrique vous offre un choix de témoignages ou de portraits audio de personnages contemporains
de Nouvelle-Calédonie racontant leur histoire et leur vécu sur un sujet maritime.
Pour plus de clarté,  vous pouvez écouter les témoignages tout en les lisant.
Cet espace est évolutif et sera progressivement alimenté par de nouveaux récits.

Août 2011…

Je ne sais pas si je suis le plus à même de présenter notre ami Riquet Goiran, puisque je ne suis pas un des plus anciens dans les associations, mais je l’ai bien côtoyé tant à Fortunes de mer qu’à l’association Salomon, ainsi qu’au Musée maritime dont j’ai été le président pendant 13 ans.

Riquet Goiran, c’était notre mentor. C’était un homme de terrain, un plongeur exceptionnel et un meneur d’hommes hors pair.

En fait, sa notoriété provenait surtout du fait qu’il était l’un des premiers compagnons de Jacques Cousteau  et qu’il a participé à toute son aventure, au « monde du silence », un des premiers films de Cousteau. Il est venu en Nouvelle-Calédonie dans les années 60 et il a fait bénéficier aux associations de sa profonde connaissance du monde marin. C’était un homme totalement passionné par la plongée, il avait des qualités humaines exceptionnelles.

Une de ces qualités que nous admirions tout particulièrement, c’était sa vitalité parce qu’à plus de 70 ans, il restait l’un de nos meilleurs plongeurs et il était vraiment un exemple pour nous. 

En fait, Riquet c’était vraiment notre idole, une idole qui a disparu il y a plus d’un an et dont la disparition nous a été extrêmement brutale et durement ressentie.

Riquet Goiran parlant du Naufrage de la Joliette dans le documentaire réalisé en mars 1996 par la télévision éducative RFO Nouvelle Calédonie.

C’était en fin de chargement, le 11 février. Thio avait à ce moment-là un wharf de chargement qui était une particularité de la Nouvelle-Calédonie et pratiquement le seul avec Doniambo.

Et là un cyclone l’a surpris en fin de chargement.  Et manque de chance, le cyclone a été suivi par un raz de marée très très important.

Là rien à faire, la masse à bord du bateau qui jaugeait quand même 3 000 tonneaux, qui était chargé de près de 3000 tonnes de Nickel a été soulevée et jetée contre le wharf qui a été en partie détruit. Le bateau a coulé instantanément et si l’équipage, les 16 ou 18 marins qui étaient à bord à ce moment-là, ont pu être sauvés, c’est par un coup de chance extraordinaire.

Le mât d’artimon en s’affalant, en tombant, a fait une passerelle entre le wharf et le bateau au dernier moment.

Les types ont été récupérés sans pouvoir rien sortir du bord, vraiment avec leur chemise et leur pantalon.  Cela été un des drames importants de la Calédonie.

Parce qu’à  ce moment-là,  les grands voiliers qui faisaient la liaison avec l’Europe étaient des éléments déterminants de la vie, surtout dans la ville de Thio, un centre minier depuis bientôt un siècle.